lundi 3 septembre 2012

De retour en charmante compagnie

Quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi le temps s'acharne à passer si vite ?! Je suis arrivée à Duino Dimanche dernier, après trois mois de délicieuses vacances. Départ toujours un peu difficile, mais les sourires de mes désormais amis m'ont bien vite fait retrouver le mien.
Ma chambre est l'une des plus convoitée du collège, si ce n'est la plus convoitée du collège, elle donne directement sur la mer, et d'ailleurs on l'entend très clairement de mon lit. Et elle est grande, grande ! J'ai une compagne de chambre d'Italie, de mon année, et deux première année (ceux qui ne suivent pas, nous sommes en fait 4.)
Donc une du Népal, et une de Belgique. Qui sont géniales, d'ailleurs. D'autant plus que Nelle de Belgique parle français, ce qui est un fait d'un hasard qui se révèle très heureux.
Et la plupart de mes voisines sont des amies proches, ce qui nous fait un étage très sympa, surtout qu'on a presque toutes des réserves relativement remplies de superbes thés venant du monde entier, sans compter les gâteaux de Mari (Japon), ceux de Jolanda (Italie), le chocolat de Shir (Israël)...  Du moins, ça, c'était hier. La prochaine fois, c'est Milena (ma compagne de chambre) et moi qui invitons.

C'est un peu bizarre sans les deuxième année, à plusieurs reprises je suis allée dans certaines chambres où ils étaient l'année dernière, avant de me rendre compte qu'ils n'étaient plus là et que d'autres les avaient remplacés.

En fait, j'étais tellement occupée à aller chercher les première année à l'aéroport, leur montrer le collège et le village, leur expliquer Mensa (la cantine), les emmener à leur chambre, répondre à leurs questions, les aider à s'installer... Sans compter toutes nos obligations en tant que deuxième année, de travail : le mémoire à écrire, postuler pour les universités, s'inscrire à des tests d'anglais pour prouver à ces universités américaines et anglaises que je parle anglais, etc. etc.. Je passe donc ma vie entre la salle de musique et la bibliothèque, ces derniers jours, maintenant que la semaine d'introduction est terminée - bibliothèque où l'adorable Hugo, un des première année français, nous a apporté du chocolat à Sébastien et à moi. 

Je n'aurais jamais pensé à écrire ici finalement, je dois ça à une chauve-souris. Car la dernière fois, alors que je lisais tranquillement mon livre d'italien (enfin, tranquillement.... Plutôt du genre : ''FAUT QUE J'LE FINISSE FAUT QUE J'LE FINISSE VIIIIITE'' vu que je dois le lire pour demain.), un truc non identifié volant est entré dans ma paisible chambre. Il était une heure du matin, et nous n'étions que deux sur quatre dans la chambre, la belge et moi, les deux autres étaient dans la salle commune. Bref, au début, vu que j'étais un peu fatiguée, j'ai cru que c'était un papillon géant - oui, je sais, on peut avoir des pensées bizarres aussi...
 C'est pour ça d'ailleurs que je me suis réfugiée sous ma couette, et c'est pile à ce moment là que Milena est entrée... avant de tout suite refermer la porte en pouffant.
D'accord, merci Milena, tu vas donc me laisser là avec cette bestiole volante. Ma compagne de chambre belge dormait et je n'osais pas esquisser un mouvement, alors j'ai attendu, en agitant les bras dès que L'enquiquineuse de chauve-souris s'approchait un peu trop près. Elle volait sans cesse dans la chambre, en tournant, sans s'arrêter.
Milena a tenté une deuxième fois de rentrer, puis a refermé encore la porte en pouffant, et vous imaginez le ridicule de la situation. Je me suis demandée combien de temps ce cirque allait durer, vu que je ne prévoyais pas de mettre un seul pied hors de mon lit tant que cette chose était à l'intérieur.
Il a duré quatre coups de portes, avant que Milena ne revienne avec Jolanda, notre voisine d'Italie, qui courageuse a avancé dans la chambre d'un pas conquérant.
Pendant une demi-heure, nous avons essayé de la chasser - la chauve-souris, pas Jolanda, en agitant des livres vers le plafond, puis des énormes cartons, puis des vêtements, puis un espèce de filet à vêtements. C'était tellement ridicule que l'on s'est écroulées de rire, sans compter que la première année de Belgique dormait d'un sommeil incroyablement profond. Tout le long, elle ne s'est pas réveillée, alors que nous agitions des cartons parfois au dessus d'elle en suivant la chauve-souris.
Jolanda criait en chuchotant des ''CRETINO CRETINO ma sei cretino !'', tandis que nous échaffaudions mille ruses pour faire sortir la chauve-souris. C'est ainsi qu'à 2 heures du matin, finalement, Jolanda, du filet à vêtements, a sans le vouloir frappé la chauve-souris terriblement fort, et elle est tombée par la fenêtre. Je crois qu'elle est morte, je ne sais pas comment elle aurait pu survivre sinon.

Bref, voilà pour la petite histoire-qui-n'arrive-qu'à-nous (du moins le pense t-on). Je remercie la chauve-souris cela dit pour les fous rires qu'elle nous a permis d'avoir. Puisse-tu reposer en paix.

En tout cas, ce qui est génial dans le fait de revenir, c'est que maintenant, je parle italien et anglais, je sais où je suis, je connais les gens, et suis tout à fait à l'aise. C'est comme revenir à une deuxième maison.

Fin de l'année dernière, devant le légendaire TUTTIDI

Demain, on reprend tous les cours. C'est d'ailleurs pour cette raison que je vais aller finir de lire la pile de dossiers de philosophie que je dois lire pour demain.

Arrivederci !

Marie

jeudi 5 avril 2012

L'Angleterre, MUN, et le temps qui passe

Je profite d'un moment libre inattendu pour rédiger un nouvel article - après plus d'un mois, oui, je suis au courant.
En fait, je ne suis pas censée avoir ce moment de libre. J'étais allée dans la "Mirror Room" (la salle de danse du collège) pour répéter et travailler (pas mal de choses en vue....), ce que j'avais commencé à faire lorsque le comité UWC italien et les postulants sont venus et m'ont demandé s'ils pouvaient utiliser la salle pendant une dizaine de minutes (et en passant, le type m'a demandé comment on faisait pour allumer les lumières, devant les postulants italiens pour l'année prochaine. Evidemment, pas de boutons dans cette salle, c'est détecteur de mouvements, alors en disant "Oh, you just have to move around", je me suis mise à gesticuler, sautiller et courir tout autour de la salle....eh oui, messieurs dames, c'est ça, UWC....)
N'ayant rien d'autre que des jupes et mon ordinateur, je me suis dit, tiens, je vais en profiter.
Mais c'est tellement étrange de penser que nos deuxièmes années vont partir, pour laisser place aux...primi !
J'en suis très excitée (j'ai lu des articles sur le blog de UWC France par les postulants, et tout le monde à l'air génial), et également extrêmement nostalgique. C'est dur d'imaginer le collège différemment. Et Henry part à la retraiiiiiite (c'est aussi extrêmmeent difficile d'imaginer le collège sans lui.)




Il y a un peu moins d'un mois, j'étais à Newcastle, puis à Londres, et à présent, je tente de trouver quelques minutes pour m'arrêter de cette vie trépidante UWCienne - eh oui, on commence à être noyés sous les devoirs, rédactions, tests, dossiers, les dossiers pour les universités.... (comme me disait Camila (Mexique) : "We're reaching the point where we have more work than the second years." Le réaliser est un peu effrayant....)
Alors pourquoi étais-je dans ce pays étrange peuplés de british, me direz-vous ?
C'était pour ce qu'on appelle communément ici notre « Project Week », grosso modo, certains élèves organisent une semaine quelque part (en général, le lieu où ils ont vivenr, donc la plupart du temps, ce sont les européens qui organisent), devant inclure un project qui lui même doit inclure au moins deux des activités obligatoires du bac international : créative, sportive et bénévolat – bien entendu ce sont de larges termes.
J'ai donc choisi, à mes risques et périls, d'aller à Newcastle, avec un petit groupe de 8 personnes (un super groupe de huit personnes, par ailleurs). D'autres projets étaient également à Londres, Paris (organisé par de non-français.... je leur ai souhaité beaucoup de courage), Roumanie, Rome, Sardaigne, etc, etc.
Enfin bref. Notre project en lui-même était d'aller dans des écoles, avec une organisation, pour parler aux enfants de leurs droits. Verdict ?

Première phrase de Marie en Angleterre, juste après l'atterissage à East Midlands (je n'ose pas dire combien de bus, de trains, métros, etc, nous avons pris pour arriver à Newcastle depuis East Midlands) : ''This country is so green !''
Première phrase de Marie à Newcastle : ''This country is so weird !'' (ce pays est tellement bizarre)

On a énormément bossé avant de pouvoir aller dans les écoles : règles de sécurité, de bienséances, je croyais que nous les français exagérions, eh bien, je n'avais pas encore tout vu. L'association des droits de l'enfant de Newcastle nous a menés dans cette aventure, et heureusement.
Avec Luz (Argentine), nous étions chez des amis de Robin (Newcastle, organisateur) car évidemment il n'avait pas la place chez lui. Un couple adorable, avec un garçon de 9 ans....eh bien, adorable ne serait pas le premier mot que j'aurais à l'esprit, bien qu'il l'était, j'aurais dit plutôt.... talentueux et extrêmement énergique. Il voulait nous montrer son école, nous montrer ses compositions au piano, nous montrer sa danse sur la superbe chanson ''I AM THE PIRAAAATE KIIIIIIING, yeah, I am the piraaate kiiiiiing'', nous montrer les traditions british.... d'ailleurs, il a tout fait de cela. Même son école. Nous sommes entrées dans sa classe, et j'ai été un peu choquée que sur le mur était une espèce de poupée caricature du français (moustache, haut à rayure, baguette, béret) entourée de posters avec du « Bonjour ! », « Au revoir ! » en veux-tu en voilà.
C'est bien qu'ils apprennent le français, m'enfin, tout de même, qui de nos jours s'habille encore comme ça ?
Nous lui avons montré nos pays respectifs, c'est vrai qu'au début il n'a pas compris ce qu'on faisait toutes les deux en Italie, et a demandé comment Luz vivait le fait de faire le trajet tout les soirs.

Des petits détails qui m'ont plu : les uniformes, quand même, des petits de 7 ans en cravate, avec leur accent british super élégant, c'est la classe.
Pour nos présentations dans les écoles, nous avons utilisé des marionettes. Petite pause. Ces marionettes étaient juste géniales, très belles, et évidemment, je me suis éclatée avec. Ce qui devait être au départ un moyen pour les enfants de s'exprimer sur eux-même en désignant en fait la marionette (psychomag.com franchement) est devenu, du moins, pour mon groupe où je détenais Gaspard/Tony/John-Jack/....etc (selon les écoles), un véritable spectacle de marionettes – ce qui peut être positif ou négatif, c'est selon...
Ensuite, j'ai bu tellement de thé, ''do you want some tea'', ''a tea ?'', ''who wants a tea ?'', à chaque fois qu'on allait quelque part ou que notre tasse était finie, un autre thé suivait.
J'ai également mangé du porridge, grâce à ma famille d'accueil, des personnes tellement gentilles que si j'avais pu je leur aurais donné un prix nobel si j'avais pu (pas seulement pour le porridge, évidemment.)
Soit dit-en passant, je me demande comment quelqu'un a eu cette idée étrange de créer du porridge, personnellement j'ai aimé (je peux cependant comprendre en quoi on peut ne pas aimer), mais ça a l'air quand même bizarre, il faut bien l'admettre.
Après Newcastle, nous sommes allés à Londres, plus pour la Project Week cependant mais pour notre long week end.


Petit détail en vrac :
J'ai dû prendre un taxi à Londres. Bref, j'en ai pris un le vendredi soir, après un spectacle (Singin' in the rain... à Londres ! C'était fantaaaastique !). Déjà, la question qui s'est posée est : comment appelle t-on un taxi ? Donc, avant le spectacle, je me renseigne : 
1 .dans la sandwicherie (''If I know how to call a taxi.....humm.....HEY JACK DO YOU KNOW SOME TAXI NUMBERS ?! '' ''grommellement lointain, qui aurait très bien pu être ''hey george je fais les sandwiches là on est pas l'agence de renseignement'' ''Ah, no, sorry''.),
2. dans une librairie juive (pourquoi ? Parce que c'était le seul magasin ouvert à 19h qui n'était pas un restaurant. ''To call a taxi.... Well.... you just wave your hand on the road.'' ''Like that ?'' lui ai-je demandé avec une petite démonstration. Il m'a regardé en haussant les sourcils. ''Well... yes.'' ''Thank you, good bye !'' Je dois reconnaître que ce ne doit pas être très commun une fille qui entre dans une librairie juive pour demander comment appeler un taxi, j'imagine que j'ai fait fort.)
 Donc, après le spectacle, que fais-je ? Je marche sur le trottoir, jusqu'à voir un taxi, sans oser ''Shaker ma main'' parce que quand même, moi je trouve ça un peu ridicule. Finalement, le feu rouge arrive et un taxi me semble vide, alors je vais vers lui. Pendant quelques secondes, j'ai réfléchi à quoi dire, et finalement j'ai dit la première chose qui m'est venue :
''Are you free ? '' 
Lui aussi, il a haussé un peu les sourcils. Bon, c'est vrai, ''Are you free'', ça fait un peu, il est vendredi soir, vous êtes libre, on peut sortir un peu. Mais en même temps, je ne vois pas ce que j'aurais pu dire d'autre.
Bref, c'était très classe, la voiture elle-même était spéciale, vous savez, pour littéralement et spatialement séparer le chauffeur de son client. Et évidemment, pas un mot, le chauffeur. Même quand des types l'ont insulté dehors (les gens sont fous), il n'a pas bronché.
Lorsqu'on est arrivés en Italie, c'était un Dimanche, et donc, évidemment, pas de bus – ou il fallait attendre trois heures, alors Marie, elle n'hésite pas longtemps hein....On monte dans un taxi, une grosse Renault scénic (avec Anna (Autriche), Céline (Singapour) et Catalina (Moldavie)), et un vieil homme plein d'énergie nous a accueilli avec un ''Ciaoooooooo ragazzi !''. Il nous parlait, parlait, quand on lui a coupé la priorité, et soudain....
''OOOOOOOOOH STRONZOOOOOOO DELLA M*** CHE ****** ALLA **** !''
Bref, vous voyez le genre : eh oui, les filles, on est de retour en Italie !


La semaine dernière a eu également la géniale CONFERENCE MUN ! (yououuuu). Alors, c'est quoi ça, direz-vous peut-être. M.U.N., ce sont les Model United Nations, c'est le collège tout habillé classe avec des badges, ce sont des délégués, des chairs et des délégations de pays à la place des élèves, et ce sont des débats à propos d'importants problèmes dans le monde.
Entre l'accord de Kyoto, qui finit cette année et pour lequel le problème était de savoir s'il doit continuer ou non, la partie développement qui s'occupait de l'énergie dans les régions subsahariennes, ou encore le ''World Bank'' qui s'occupait du budget pour des écoles en Thaïlande, ou encore, mes préférés, le Council Historique et le....Comité de Crise ! (celui dans lequel j'étais, on s'en doute). Ces deux derniers étaient un peu particuliers. Pourquoi ? Déjà, ils se passent dans l'histoire, en 1962, plus précisemment.
Et le comité de crise, eh bien, nous parlions de la crise de Cuba. J'étais chez les Américains (et donc au lieu de ''jouer'' des pays, on jouait des personnes, personellement, j'étais Mc George Bundy), et nous étions évidemment contre l'URSS dans la salle juste en dessous (Sébastien mon co-year et Raza mon deuxième année y étaient notamment.)
C'était génial, parce qu'on se passait des mots, lettres, parfois ironiques et insolentes. Bon, c'est vrai, on a frôlé la troisième guerre mondiale (ils n'arrêtaient pas de nous provoquer, aussi), les missiles de Cuba ont bougé un peu partout, notamment à Mexico, et ils avaient mis des sous-marins de partout. Quant à nous, on au moins trois fois activé puis désactivé nos missiles en Turquie et en Italie, le Japon refusant de collaborer. En plus, notre agent de la CIA (Reine, ma roomate) a été kidnappé par des terroristes et notre espion chez l'URSS a été démasqué (en plus c'était Sébastien...).
BREF, c'était une vraie aventure. Heureusement que Raza était là, parce que c'était le seul à vouloir la paix dans le comité de l'URSS et nous avons réussi à signer un traité à la fin et à éviter la guerre nucléaire....(bien que mon personnage la voulait, il voulait bombarder Cuba dès le début).
 (en relisant, je n'ai rien compris à ce que j'ai écrit, mais enfin, vous avez compris : c'était, comment dire, un joyeux et intéressant bordel.).

Ce week-end, ce sont nos vacances (on a vendredi jusqu'à lundi inclus). Avec un petit groupe, nous allons en Slovénie et ça promet, vu qu'on organise tout au dernier moment – comme d'habitude.
Mais j'adore cette atmosphère. En plus, tout le monde se ballade en vêtements d'été et ça me fait penser que la fin de l'année est proche....comme je l'ai dit au début.

dimanche 26 février 2012

La semaine Occidentale et la Bora italienne

Un mois.  Je sais, ça fait un mois - mais enfin, j'ai des excuses. J'ai été, pour ainsi dire, surmenée, alors à la place d'écrire sur ce blog, eh bien, j'ai écrit des essays, des rapports, des mails, des scénarios...

Des scénarios ?! Allez vous me dire. Eh bien, oui. Il y a deux semaines, c'était la semaine occidentale, et ç'a été...comment dire, intense.

L jeudi soir, déjà, chose qui n'avait rien à avoir avec la semaine, je suis allée voir un ballet moderne à propos de Picasso, avec environ huit danseuses déguisées en poele à frire, en gateau ou autres trucs bizarres du genre - et j'avoue je n'ai pas su profiter de ma chance : je me suis endormie à un moment (c'est compréhensible avec la montagne de répétitions que j'ai du organiser ou auxquelles j'ai du assister), si bien que quand je me suis réveillée, les danseuses n'étaient plus déguisées en nourriture mais toutes en noir. Et le type qui jouait Picasso parlait, parlait, meme que je crois que parfois il parlait français - ça nous a fait rire avec Ghita (Maroc), il disait parfois un peu n'importe quoi....

Remarquez le costume de celle tout à droite....


Le vendredi soir, c'était "prom", alias.... vous savez, ces séries américaines un peu débiles qui passent le samedi après midi, ou les jeunes dans les lycées ont ce bal de fin d'année, s'habillent classe et les garçons invitent les filles ? Eh bien... c'était ça. Personnellement, j'ai été invitée dans la cantine par Pancho (Uruguay), il avait mis "La vie en rose" en fond musical, en costar cravate avec une rose à la main.
Le soir de la prom, on a meme dansé la valse autrichienne, mais on se rentrait tous dedans parce que de une, la plupart ne savait pas la danser proprement, et de deux, on était tous serrés ; du coup après de la musique disons plus actuelle a été mise.
(Ai-je besoin de préciser que le buffet et les chaises furent mes places de prédilection ? mais non... j'ai fait parfois genre que j'avais la classe.)

Le samedi a eu lieu le spectacle. J'avais organisé un acte avec des garçons déguisés en danseuses, plus un garçon vraiment danseur (Jacob de Malte), une parodie du Lac des Cygnes.... entre autres choses.
On a également dansé le French Cancan (improvisation.com) et fait une video sur Trafalgar avec les anglais....

Euh, ok,  petite pause, c'est pas clair là : une semaine avant le spectacle, on a décidé, nous les français et les british, de faire un remake de la bataille de Trafalgar. Donc nous nous sommes déguisés en français, armés de baguettes,  ils se sont déguisés en british, arnés de sachets de thé, et nous sommes allés dans le froid là ou sont stockés les bateaux, se lançant...eh bien, du pain et du thé..... La vidéo est excellente, mais ça fait un peu peur.... (d'autant plus que j'ai été outrée : Robin (GB), qui a fait la vidéo, s'est bien moqué de l'accent français !)
Quant au dimanche... vous me croiriez si je disais que j'ai passé la journée à....CUISINER ? Enfin, cuisiner, c'est un bien grand mot. Nous avions ce qu'on appelle les "Taster Sessions", ou tout le monde cuisine des plats de sa culture, et nous les français avions décidé de faire de la ratatouille - pourquoi pas des crepes, pensez vous peut etre. Eh bien, pratiquemment tout le monde faisait du sucré, nous avions donc besoin de quelque chose de salé et consistant.
J'ai donc passé ma matinée à couper des tomates, des tomates, et des tomates, pendant qu'en face de moi Emma faisait les oignons (larmes bonjour), Ellie (USA pourtant) les poivrons, Raza les courgettes et les aubergines (Sèbastien étant à une compétition de ski).
Ensuite j'ai aidé Clara (Belgique) à faire des boulettes de viande vu que grace à ma chère maman, je sais plus ou moins comment faire. Donc effectivement, j'ai cuisiné. Je n'en reviens toujours pas.


Qu'y a t il eu ensuite ? Le jour de l'existentialisme, ou on s'est tous habillés en noir et bu des litres de café en se demandant pourquoi on était sur terre, ou encore Vérone samedi dernier, avec la maison de Juliette - impressionant le nombre de chewing-gum collés ou de cadenas accrochés, tous les deux avec des mots d'amour !

Chewing-gum à Juliette

Et puis....
Le vent ici est tellement fort qu'on en rigole. A cause de la Bora, on peut arriver en retard tant il nous pousse en arrière (fait réel : arriver en retard parce qu'on arrive pas à passer à travers le vent.).... mais on peut aussi arriver en avance parce qu'il nous force à courir en avant - autrement on tombe (autre fait réel.)
Les poubelles publiques vont d'un endroit à l'autre, c'est assez drole.

Et dire que l'année dernière, j'avais envie de partir au Canada, disant avec une certaine indifférence : " Allons, le froid, ça n'est pas si terrible, ça ne me dérangerait pas, franchement."

Règle numéro 1 à appliquer dans ta vie désormais, Marie : Tu n'affirmeras plus jamais ce genre de choses tant que tu n'auras pas expérimenté la chose en question.

vendredi 27 janvier 2012

M. Maths et mes secondes jambes

Comme certains d'entre vous auront deviné en lisant "secondes jambes", il se trouve que, comme chaque année, depuis maintenant cinq ans, j'ai eu mon "entorse-annuelle". Et donc, les habituelles béquilles que maintenant je connais bien. 
J'ai un peu honte parce que, c'est vrai que depuis le temps, maintenant je cavale avec des béquilles. Certes, ça tue les mains, mais comment dire ? j'ai pris le coup de main et je vais relativement vite, surtout quand on voit ceux à côté dont c'est la première fois et qu'il faut attendre trois heures derrière. Malheureusement, je suis plutôt devant. Du coup, ça en fait rire certains, tandis que d'autres sont convaincus que soit je m'éclate avec, soit que c'est un jeu et que je n'ai rien en fait. 
De ce fait, j'ai décidé de m'amuser avec les béquilles. On fait des courses notamment - les résultats n'ont pas été encore prononcés. 
Alors, question que l'on me pose souvent : Comment ?! J'aimerais pouvoir raconter une histoire glorieuse de ski, de course, de compétition, mais non non non. Rien de tout cela.
 Je marchais, et je suis tombée. A environ 7 minutes de ma résidence. Ne pouvant plus me déplacer, Lenny et Raymond m'ont portée jusqu'à ma résidence - c'était tellement ridicule qu'on en était morts de rire. M'enfin, c'était absolument adorable de leur part et du coup, aujourd'hui, malgré mes déboires culinaires, je leur ai fait des cookies. (enfin, j'ai essayé, grâce à l'aide de quelques personnes dans la cuisine qui savaient manier du fouet et de la farine.)







Ensuite, pourquoi M. Maths ? Je ne parle pas ici de mon prof de Maths, ni du Dieu des Maths qui sont des entités bien différentes. Enfin, bref, M. Maths est tout à fait une autre personne.
Dans le collège, je croise toujours un monsieur, je dirais même très vieux monsieur, toujours avec un bonnet rouge un peu trop grand, et je savais jusque là qu'il enseignait ce que l'on appelle "Further Maths" aux élèves fous qui aiment ça - c'est une matière non obligatoire, c'est juste pour aller plus loin dans les maths. Comme des cours du soirs pour les surdoués (vous vous doutez bien que je n'y ai jamais mis les pieds.)
Et donc ce monsieur a voulu rencontrer la communauté française du collège, pour....eh bien, je suppose, pratiquer son français. J'ai donc béquillé jusqu'au café où ils nous avaient invités, Emma et moi (finalement Sébastien est venu aussi, Raza travaillait je crois.). 
"Bonjour, bonjour, asseyez-vous là".
Il nous a montré des chaises à Sébastien et moi, Emma était déjà assise.
"Bon alors, je vais vous prouver aujourd'hui, que les maths, ça peut être divertissant."
....? Marie surprise, Marie crie à l'oxymore, Marie se penche et écoute attentivement. Il s'est tourné vers moi.
"Emma m'a dit que tu étais en standard, c'est ça ?"
"Eh bien...oui."
"Et que tu pensais à passer en studies." (studies = le niveau le plus bas. Il y a studies, standard, et haut.)
"....oui, je suppose. Je ne sais pas encore. ...."
"Allons. Je vous ai apporté quelques amusements et curiosités en maths, vous allez voir."

Il s'est mis à nous parler des maths avec une telle passion qu'il a fini par m'intéresser, et pourtant, comme lui a dit Sébastien, "c'était pas quelque chose de facile" (lui aussi a vécu mon incompréhension totale de ce sujet là.). Il s'est mis à deviner quel jour on était né, à déduire à quel nombre on pensait,  et à s'étonner que certains ne savaient même plus combien faisaient 8x7. (Et là, Marie commence à paniquer en réfléchissant à toutes ses tables de peur qu'il ne l'interroge. Heureusement qu'il ne l'a pas fait. Cela dit, c'est vrai que pendant que je récitais toutes mes tables dans ma tête, j'ai loupé une partie de ce qu'il racontait et ça m'a encore plus paniquée après. Bref...)
Il nous a parlé de grammaire française, arabe, italienne et anglaise (puisqu'il parle toutes ces langues parfaitement), leurs différences et similarités, leur logique ; nous a parlé de son enfance, et autres histoires. 
Je ne m'attendais pas du tout à cette rencontre et pourtant, il a vraiment réussi à me fasciner pour les chiffres. C'est vrai, ça n'a duré qu'une demi-heure. Cela dit, il nous a proposé de tous se revoir, et bien évidemment, on a accepté en choeur.