mardi 11 octobre 2011

La Chenille et la grenouille


Connaissez vous cette histoire qui raconte comment une petite chenille innocente est morte parce qu'elle ne pouvait plus marcher ?
C'est une histoire que j'ai souvent lu, et qui en gros relate la rencontre entre une chenille et une grenouille. La grenouille est impressionée devant la chenille : ''WAHOUUUUUUUUU'' s'exclame la grenouille ''comment fais-tu pour marcher avec toutes ces pattes ?''.
La chenille est un peu blasée d'abord (''SERIEUSEMENT ça sert à quoi ta question là ? ''Pense insidieusement la chenille), puis elle rentre chez elle sans plus y penser, après tout tout le monde sait parfaitement que les grenouilles sont un peu dérangées, ces acrobates philosophes.
La nuit, elle ne parvient pas à dormir. Et comme nous le savons tous, la nuit, quand on n'arrive pas à dormir...on pense. C'est précisement ce que fait la chenille, et, doucement, une question se glisse dans sa tête de chenille :
''Wahouu....comment fais-tu pour marcher avec toutes ces pattes ?''
Quelle ridicule question....est-ce que moi je te demande comment tu fais pour faire des bonds de deux mètres...Bref, dormons.
Malheusement on ne décide pas comme ça de dormir....et la chenille pense...pense....Bon, quitte à ne pas dormir, autant faire un truc débile : réfléchissons à la façon avec laquelle je marche.
Et la chenille se lève de son petit lit de chenille dans son trou de chenille, et elle fait quelques pas, très lentement. Enfin, là, ce n'est pas assez lent, décortiquons les pas...j'avance le premier...puis le 150eme en même temps que le 800eme gauche...ok, encore une fois...le premier...le 150eme et le 800eme (ok, une chenille n'a peut-être pas mille pattes. C'est juste pour l'histoire.)...mais n'était-ce pas le 754eme en fait...? ou plutôt peut-être le 746....ou encore le 742....
La chenille commence à paniquer. Euh, recommençons depuis le début. Premier, 150eme...ou 200eme ? Ou 240eme ? Et comment dois-je avancer le premier ?
Oh, et puis zut, j'ai besoin d'aller au petit coin.
...comment ? Comment dois-je avancer ? Je ne me rappelle plus...
J'ai faim...je n'arrive pas à marcher, et puis toutes ces pattes....qu'en faire....
J'ai terriblement soif....Fatiguée...Dodo....eau....petits insectes (effectivement elle n'allait pas penser à une tartine de nutella comme moi à cet instant précis)...adieu monde cruel....

Ainsi mourut la chenille.

Alors pourquoi relater l'horrible mort d'un...euh, lépidoptère (WIKIPEDIAAAA POWEEEEEER) ici ? Pas pour raconter des petites histoire pour donner une morale chaque jour, non.

C'est en fait ce que j'ai ressenti ce matin en italien, avec le passé composé. J'ai appris l'italien en anglais, donc forcément la prof nous prévient des erreurs que font en général les anglais, autrement dit QUAND MET-ON ETRE OU AVOIR DEVANT LE PARTICIPE PASSE.

Euh, personnellement, en français, je n'y ai jamais pensé et je n'ai strictement aucune idée de pourquoi j'utilise l'un ou l'autre. Avez-vous déjà pensé à ça ? Genre, avec rester, c'est un verbe de je ne sais quoi alors on utilise ''être'' ?

Donc aujourd'hui en italien je me suis forcée à réfléchir....et évidemment, le désastre est arrivé. Je me pose des questions. (enfer et damnation.)
Du coup, les rares fois où je parle français, je réfléchis au passé composé. C'est assez étrange comme sensation. Comme si on redécouvrait la langue.

J'ai également redécouvert la langue samedi, au cours de français (oui, j'avoue, c'est assez horrible le samedi. Trois heures de suite...mais c'est intéressant, alors ce n'est pas si terrible.)., enseigné par une prof italo/belge parlant en plus anglais et allemand. Avec l'emploi des voyelles : le ''aaaaaa'' qui évoque l'ouverture, le ''ouuuuuu'' qui est en retrait parce que quand on le dit on utilise beaucoup la gorge, le ''iiiiii'' un peu mesquin...
Ou encore dans les mots, comme ''déchirer''. Avez-vous déjà remarqué que quand effectivement on déchire une feuille de papier, on entend le mot ''déchire'' ? Ou encore le mot chuchoter ? Dire chuchoter est déjà chuchoter.

C'est bizarre comme le fait de parler tout le temps d'autres langues permet de découvrir sa langue.


''Le 800eme ou le 840eme...?''

vendredi 7 octobre 2011

La Cigale et la Machine à sous

Ca y est ! La nature a repris ses droits ; il pleut comme au Déluge et il fait un froid de canard - du moins pour moi parce qu'hier j'étais encore en tongs en cours...
Tout le monde, que ce soient les profs ou les deuxièmes années nous parlent de cet horrible mois de novembre qui approche, ou il pleut presque tous les jours et ou on en tous marre. Euh, ah bon ?

En plus, ce matin juste avant les cours je suis sortie de ma chambre pour aller dans la salle de bain et quand je suis revenue  deux minute après, ma roomate était partie et j'étais enfermée dehors en chaussettes. Bref. (finalement après avoir couru partout, y compris dehors, en chaussettes, j'ai sonné à la porte de la tutrice de ma résidence, également prof d'économie, et l'ai suppliée de m'ouvrir. Ca l'a bien faite rire sur le coup.)
Donc j'étais en retard ce matin et j'ai mis juste un sweat, donc j'ai bien froid maintenant.
Puis en début d'après midi j'ai du courir retirer un peu d'argent, il faut marcher un peu pour aller à la machine mais j'ai fait le trajet en courant, ressemblant fortement à la Cigale quémendant à la fourmi machine de me donner RAPIDEMENT quelque chose pour subsister. Et le vent est glacial.

Quoiqu'il en soit, on ressemble tous à des bonshommes de neige. On ne s'attendait pas au froid, alors certains sont comme au pole nord (notamment Lenny du Chili qui avait quelque chose de Georges le Yéti de la pub Tic tac, ou peut etre d'u Inuit en fait)... d'autres sont comme moi et crèvent de froid avec leurs petites vestes et petits sweat....et il y a cette autre catégorie de personne, j'ai nommé "Les British", qui comme d'habitude font dans l'originalité .

Ils sont tous en TEE-SHIRT dehors, ou petites chemisettes printanières, souriants et dans leur élément. Sans meme connaitre ces disgracieuses rumeurs sur le temps en Grande Bretagne, j'aurais pu le deviner rien qu'en les voyant. Là bas, la pluie doit etre un symbole national.



Mmmh, je suis British, il fait froid, il pleut, qu'est ce que je suis heureux ! Mon pays me manque tant.



Et après, il y a Lenny du Chili....



(Certes, il n'avait pas les gants, mais il avait une énorme doudoune comme celle-ci avec le chapeau et l'écharpe qui vont avec.)





Cette différence est vraiment drole à voir...

mercredi 5 octobre 2011

Je hais la politesse

Je mangeais tranquillement et sereinement à Mensa, un plateau rempli de victuailles (notamment des trucs verts bizarres qui étaient censés être des épinards) devant mon nez et ma fourchette, lorsque João, brésilien de deuxième année de son état, s'est penché sur ma glorieuse assiette.

CLASSE JEUNE BRESILIEN : Hello Marie...regarde, c'est pour toi, j'en avais trop pour moi, alors...

Et avec la classe d'un majordome il a déposé des petits gâteaux secs près de moi.
Ils avaient l'air délicieux, avec un aspect de gâteaux secs bretons au beurre salé....
J'ai donc attendu la fin de mon repas pour entamer avec un sourire une de ces douceurs.

KEUUUF KEUUUUF KEUUUUUF !

  • ...ils sont si mauvais que ça ? M'a demandé Job à côté, et j'ai poliment secoué la tête.

MARIE PAUMEE : Euh, non. J'ai juste avalé de travers. Enfin, ils sont un peu fort aussi.

Bel euphémisme, parce que ces gâteaux se trouvaient être des GÂTEAUX AU POIVRE.
Le problème, c'est que si dans ma culture, j'assimilerais ce genre de choses à une farce (...j'imagine bien donner deux de ces gâteaux à la caféteria de mon ancien lycée, j'aurais droit aux : « CA VA PAS NON t'es pas drôle ! ») ; je n'en savais rien pour les autres.

La politesse peut tuer, parfois.

MARIE PAUMEE ET AIMABLE : T'en veux un, Job ?

JEUNE HOMME MITIGE : Euh...

Evidemment grâce à mon pouvoir de persuasion (Aaaallez goûteuuuuuh) il s'est retrouvé avec un gâteau dans la bouche et il a souri.

JEUNE HOMME AUX GOUTS ETRANGES : Eeeeh je connais ça ! C'est délicieux !

Je ne pouvais assurément pas dire : ''tu me fais une blague là Job ? Vous avez tous comploté ? Allez, dis-moi. J'ai le droit de savoir si c'est une blague.''
Choisissons donc la diplomacie.

MARIE PAUMEE : Oh, cool ! C'est quoi ?
JEUNE HOMME AUX GOUTS ETRANGES : Je ne sais pas comment ça s'appelle, c'est vraiment bon, tiens, lui il doit connaître !

''Lui'' désignait en l'occurence David du Zambie qui passait par là.
...mais pourquoi un zambien connaîtrait bien un gâteau que m'a donné un BRESILIEN ?! Comme vous l'aurez compris....Marie est encore paumée là dessus.

AUTRE JEUNE HOMME A LA CULTURE ETENDUE : Aaaaaah oui, je connais.
(Il sort.)

MARIE PAUMEE qui de toute façon décide de sauver sa peau : Jooob si tu les aimes, prends-les, franchement !
(on pouvait presque concevoir le grand sacrifice que je faisais.)

JEUNE HOMME AUX GOUTS ETRANGES : Tu ne les aimes pas ?

MARIE PAUMEE ET TROP POLIE : ...si, si bien sûr que oui, mais tu as l'air de les aimer alors vraiment, prends en au moins un, ça me fait plaisir !

JEUNE HOMME AUX GOUTS ETRANGES : Non, non, si tu les aimes mange les vraiment ! Allez, ciao Marie !
(Il sort.)

Du coup, j'ai gardé les deux gâteaux, et, mitigée sur le fait qu'ils s'agissaient de vrais biscuits, j'ai directement posé la question à David que j'ai croisé par la suite.

MARIE PAUMEE : Dis, les gâteaux, c'était une blague, hein ?

JEUNE HOMME CENSE AVOIR UNE CULTURE ETENDUE : J'en sais rien du tout !

MARIE PAUMEE : Comment ça, tu n'en sais rien ? Tu nous as dit que tu connaissais.

JEUNE HOMME CENSE AVOIR UNE CULTURE ETENDU : Oui, mais il m'a dit que j'étais censé connaître, alors bon, je sais pas moi....

MARIE PAUMEE : ….


Revenue dans ma résidence, j'ai fait goûter à Catalina (Moldavie).

FILLE AU PALAIS EN FEU : AAAAAAAAAAAAAAARGH qu'est-ce que c'est que çaaaa ?

MARIE PAUMEE : Des gâteaux. Au poivre. Qu'en penses-tu ?

JEUNE FILLE AU PALAIS EN FEU : De l'eau ! Donne moi de l'eau !


Comme personne ne semblait apte à m'apporter la solution de mon problème, j'ai demandé à mon meilleur ami : Google. Comme dirait Henry : « j'ai googlé. »

Et effectivement, le gâteau au poivre existe dans nombre de cultures...notamment en France. Peut-être que la résolution du problème est par là....




samedi 1 octobre 2011

Français, Françaises : soyons patriotiques.

C'est dingue comme le fait d'être au milieu de tant de nationalités différentes nous rend....patriotiques. Si, si, c'est vrai ; on se raccroche à son pays, son identité, comme moi à ma calculette en cours de maths (même pour calculer  2+ 2, il m'arrive d'avoir le réflexe de l'écrire sur la calculette. C'est honteux.).
Je suis LA française de première année. Point barre.

Par exemple tout à l'heure je discutais dans ma chambre avec Vicky et Jennika de Grande Bretagne (qui est ma voisine en quelques sortes, dans le sens où sa chambre est juste à côté de la mienne:). Cette dernière ne comprenait pas pourquoi nous riions du drapeau de mon autre roomate, Reine des Pays Bas ; et pourquoi nous parlions de guerre de drapeau.
Elle avait le drapeau de Reine sous les yeux, mais pas le mien, parce qu'il était tombé.(WP3I90SDKF1321WRO98  DE SCOTCH POURRI) .



Donc voilà ce que cette chère britannique avait sous les yeux ; et elle aurait du immédiatement comprendre nos allusions. A mon sens, elle n'aurait même pas du réfléchir.

"You don't understand....? You see the French flag...."
"Euh...no."






...hein ? 



Grande "french breath".


Je peux vraiment comprendre qu'on ne connaisse pas tous les drapeaux du monde. Je peux comprendre, vraiment, qu'une urugayienne, qu'un ugandais, qu'une moldovienne ou qu'un maltais ne connaisse pas le drapeau français. C'est normal.

Mais là, bon sang...on est voisines, cocotte ! Même qu'on n'a pas arreté de faire la guerre ensemble. Ou plutôt, c'est vrai, l'un contre l'autre. Même qu'on s'est jamais aimés, et que vous nous appelez "frogs" (bande de malpropres). Même qu'on s'est disputés pour les prochains JO, et que vous avez eu le dernier mot (bande de mécréants). Et même que Abba ça les faisait rire avec leur "WATERLOOOO" (on aurait dû gagner cette guerre, vous avez triché, c'est sûr ! )

Et, bizarrement, j'en ai été profondément vexée. C'est bête, hein ? Techniquement, ce n'est qu'un drapeau. Mais d'un autre coté...ça fait quand même partie de moi.
C'est tout de même drôle de ne réaliser cela que maintenant....


Donc aujourd'hui, je me suis dit que je n'étais pas assez clichée. Alors en allant chez H&M (très italien définitivement), j'ai acheté un béret. Voilà.